Quand la SEP fait passer de la constipation à la diarrhée : un symptôme dont on parle trop peu

Quand la SEP fait passer de la constipation à la diarrhée : un symptôme dont on parle trop peu

Lorsque l’on évoque la sclérose en plaques (SEP), on pense souvent à la fatigue, aux troubles de la marche ou encore aux douleurs. Pourtant, un autre symptôme accompagne de nombreuses personnes vivant avec la maladie : les troubles du transit intestinal.

Constipation pendant plusieurs jours, puis diarrhée soudaine… Ce phénomène est bien plus fréquent qu’on ne l’imagine, et pourtant il reste largement méconnu.

Aujourd’hui, j’ai envie d’en parler, parce que ce symptôme invisible a lui aussi un impact considérable sur notre quotidien.

Un intestin qui ne fonctionne plus comme avant

La sclérose en plaques est une maladie neurologique. Les lésions présentes dans le cerveau ou la moelle épinière peuvent perturber les messages nerveux qui contrôlent également le fonctionnement de l’intestin.

Résultat : le transit peut devenir totalement imprévisible.

Certaines périodes sont marquées par une constipation importante. Les selles avancent difficilement, parfois pendant plusieurs jours.

Puis, sans véritable explication, tout peut s’accélérer.

L’organisme évacue brutalement ce qui était bloqué, provoquant une diarrhée parfois très importante.

Ce n’est pas seulement inconfortable. C’est souvent épuisant, physiquement comme moralement.

Quand chaque journée devient imprévisible

L’un des aspects les plus difficiles est l’absence de contrôle.

On peut passer plusieurs jours à essayer d’aller aux toilettes sans succès, puis, au moment où l’on s’y attend le moins, devoir courir en urgence.

Cette imprévisibilité oblige à réfléchir en permanence :

  • Où sont les toilettes les plus proches ?
  • Est-ce que je peux faire ce trajet sereinement ?
  • Est-ce raisonnable d’accepter cette sortie ?
  • Que se passera-t-il si une urgence survient en pleine réunion ou en voiture ?

Ce sont des questions que beaucoup de personnes atteintes de SEP se posent chaque jour.

Et pourtant, personne ne les voit.

La constipation n’est pas « juste » de la constipation

On entend souvent : « Bois plus d’eau. » ou « Mange davantage de fibres. »

Bien sûr, ces conseils peuvent aider.

Mais lorsque le problème est neurologique, ils ne suffisent pas toujours.

Les muscles qui participent au fonctionnement de l’intestin peuvent répondre moins efficacement.

La fatigue, certains traitements, une activité physique réduite ou encore les troubles urinaires associés peuvent également aggraver la situation.

Il ne s’agit donc pas simplement d’un problème alimentaire.

Puis vient la diarrhée…

Après plusieurs jours de constipation, l’intestin peut parfois se vider d’un seul coup.

Chez certaines personnes, cela ressemble à une simple diarrhée.

Chez d’autres, les besoins deviennent très urgents, impossibles à retenir.

Ces épisodes sont souvent vécus avec beaucoup de gêne.

Ils peuvent provoquer une perte de confiance en soi, de l’anxiété et parfois même conduire à éviter certaines sorties ou certains déplacements.

Le regard des autres fait souvent plus peur que le symptôme lui-même.

Il n’y a aucune honte

Parler du transit intestinal reste difficile.

Pourtant, il s’agit d’un symptôme médical, au même titre que les troubles de la marche ou les problèmes de vision.

La constipation comme la diarrhée ne sont pas des sujets honteux.

Ce sont des conséquences possibles de la maladie.

Les évoquer avec son neurologue, son médecin traitant ou un gastro-entérologue permet parfois de mettre en place des solutions : adaptation de l’alimentation, hydratation, traitements spécifiques, rééducation périnéale ou accompagnement personnalisé.

Chaque personne est différente.

Il n’existe pas une solution unique.

Mais il existe souvent des moyens d’améliorer la situation.

Oser en parler

Pendant longtemps, je pensais que ces problèmes étaient « secondaires ».

Aujourd’hui, je sais qu’ils ont un véritable impact sur la qualité de vie.

Ils influencent les déplacements, les repas, les vacances, le travail… et même parfois les relations sociales.

En parler ne signifie pas se plaindre.

Cela permet simplement de montrer une réalité de la sclérose en plaques qui reste largement invisible.

La SEP ne se résume pas à ce que l’on voit

La sclérose en plaques est une maladie faite de symptômes visibles… mais aussi de nombreux symptômes invisibles.

Les troubles du transit en font partie.

Ils sont parfois gênants, parfois épuisants, souvent imprévisibles.

Mais ils ne définissent pas les personnes qui vivent avec cette maladie.

En brisant les tabous, nous permettons à d’autres de se sentir compris, moins seuls et peut-être même d’oser demander de l’aide.

Parce qu’au fond, parler de la SEP, c’est aussi parler de toutes ces réalités que personne ne voit… mais qui changent profondément le quotidien.

Debout malgré tout.

Ludovic Clavaud

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